Affaire Jessi : Le Post soutient sa blogueuse « comme il peut »
Comme l’a montré l’affaire Jessi, une internaute mise à pied par son employeur pour ses chroniques publiée sur LePost.fr, bloguer sur son travail peut vous mettre dans une situation délicate. D’autant que les sites participatifs n’ont guère les moyens de défendre concrètement leurs contributeurs.
Tout compte fait, LePost.fr ne lâchera pas Jessi. Sa chronique sur le site participatif lui a valu les remontrances du patron de l’hôtel dans lequel elle travaille, une mise à pied, et un entretien préalable au licenciement, mais pas encore de licenciement ferme et définitif. « Nous espérons qu’un accord entre les parties est encore possible, explique Philippe Jannet, PDG du Monde Interactif. Elle a des droits, et nous avons tout fait pour l’aider à trouver un avocat spécialiste en droit social. »
« Embarrassé » par la situation, LePost ne comprend pas vraiment ce qui est reproché à sa posteuse : « Elle ne donnait pas de noms, ne citait pas de lieu... » Et comme le rappelle le premier billet de la rédaction consacré à l’affaire – paru tout de même près de 15 jours après la mise à pied de la jeune femme –, « Jess a toujours dit qu’il y avait de la fiction dans ses chroniques, qu’elle s’inspirait de ce qu’elle voyait et entendait autour d’elle mais en romançant (d’où la phrase rituelle en bas de ses posts : "Toute ressemblance avec des personnes réelles ou faits ressemblant ne serait qu’une pure coïncidence...") ».
« Pas de motif de diffamation »
Autrement dit, les menaces du patron de la blonde réceptionniste de porter plainte pour diffamation ne semblent pas vraiment trembler LePost. « Si effectivement une action était engagée, je prendrais évidemment mes responsabilités de directeur de la publication, raconte Philippe Jannet. Mais à mon sens, il n’y a pas de motif de diffamation. »
Au-delà du patron qui « manque un peu de sens de l’humour », comme le dit Jessi, et qui décide de renvoyer son employée pour ses écrits, l’affaire pose aussi la question du statut des internautes qui s’investissent dans un site participatif tel que Le Post. Ils y consacrent du temps, participent à l’audience du titre, y font du communauty managing... Mais n’étant pas des salariés de l’entreprise, ils ne peuvent pas bénéficier du même soutien en cas de pépin. LePost fait donc « ce qu’[il] peut », ce qui relève essentiellement de l’accompagnement, en amont, comme en aval. « On essaie d’être avec tous nos blogueurs, de les conseiller, de les orienter. Jess par exemple, est très drôle quand elle fait ses billets façon brève de comptoir, on l’a encouragée là-dessus. »
De son côté, la posteuse, n’attend pas grand chose du site : « Je suis bien consciente que le Post n’est pas dans une situation facile, et que le départ de Benoît Raphaël n’aide pas. Tout ce que je demande, c’est qu’après m’être fait virer de mon travail, je ne me fasse pas virer du Post en plus ! »
illustr. : dessin de NA !
