Affaire DSK : Lagardère dans le viseur
Le groupe Lagardère risque de payer cher son soutien à Dominique Straus-Kahn qui remonte à l’époque où celui-ci lui avait confié les rênes d’EADS.
Un choix sans ambiguïté
Le groupe Lagardère n’avait pas caché ses sympathies pour Dominique Strauss-Kahn. Lors de la dernière assemblée générale, Arnaud Lagardère avait déclaré que la Porsche dans laquelle le directeur général du FMI avait été vu, était une voiture de fonction de son groupe. Cela prouvait que son groupe n’avait "pas les relations de proximité" que l’on imagine avec le Président de la République. En clair, il avait fait son choix.
Un regard porté sur les activités médias du groupe Lagardère corrobore ce jugement. Denis Olivennes, patron du pôle news qui regroupe Paris Match, Europe 1, le JDD, n’a jamais caché ses sympathies pour Dominique Strauss-Kahn dont il faisait son favori.
Ramzy Khiroun, porte-parole du groupe Lagardère et utilisateur de la fameuse Porsche Panamera, est personnellement intervenu pour débaucher Claude Askolovitch, strauss-kahnien présumé, pour le faire entrer au Journal du Dimanche et lui confier la responsabilité des pages politiques.
En un mot, le groupe s’était mis en ordre de marche pour se mettre au service de Dominique Strauss-Kahn.
Le groupe Lagardère obligé de Strauss-Kahn
La sympathie éprouvée pour cet homme ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à 1999, lorsque Lionel Jospin était premier ministre.
A cette époque, Airbus qui commençait à faire ses premiers bénéfices a été recomposé. Le gouvernement socialiste a alors décidé de transférer la direction opérationnelle au sein d’ EADS, d’Aerospatiale, société publique, à Lagardère, société privée, tandis que les Allemands faisaient de même avec Daimler.
Le pacte d’actionnaires qui en a découlé a été mis au point par Dominique Strauss-Kahn, ministre des Finances, alors en parfaite adéquation avec Jean-Luc Lagardère. L’état a été "interdit de gestion" et le groupe Lagardère actionnaire d’EADS a bénéficié d’une exemption fiscale totale pour le montage de l’opération. Cela ne s’oublie pas et explique la reconnaissance du groupe Lagardère.
La seule question qui se pose désormais est celle de savoir si Nicolas Sarkozy peut lui en tenir rigueur. Cela aurait certainement été le cas si, au fil de la campagne, les médias du groupe Lagardère avaient abattu leurs cartes. Comme cela ne s’est pas produit, Arnaud Lagardère a encore le temps de changer son fusil d’épaule et d’inviter son groupe à reconsidérer son attitude à l’égard de celui qu’il considérait, il y a quatre ans "comme son frère".
Dans cette hypothèse, Arnaud Lagardère pourrait réviser la place dévolue au sein de son groupe à tous les strauss-kahniens déclarés. A commencer par le premier d’entre eux, Ramzy Khiroun.
