AOL : « marronniers » à la demande
AOL met en place une plateforme permettant à 3.000 journalistes pigistes de se mettre indirectement en relation avec les annonceurs pour traiter prioritaiterement des sujets qui seront les plus rémunérateurs.
Aux prises avec l’échéance correspondant à la scission de Time Warner effective le 9 décembre prochain, AOL rebondit en misant sur son avenir de média en ligne. Son défi : la mise en place d’une plateforme qui détectera les sujets qui ont le plus d’intérêt aux yeux des internautes, en se basant notamment sur les recherches effectuées sur son moteur de recherche. Résultat : plus un thème est recherché, plus les moniteurs informent les quelques 3000 journalistes freelances coordonnés par la plateforme d’AOL Seed.com. Un rédacteur employé par AOL aura ensuite pour mission de valider et tagger les papiers (écrit, vidéo, son...) envoyés. Le pigiste serait par la suite payé fonction " de ce que la technologie prévoit qu’un annonceur sera prêt à payer pour communiquer à côté de ces articles ou vidéo", selon le Wall Street Journal.
+ de trafic = + de pub
Dans le même temps, cette technologie d’AOL permettant de détecter les sujets les plus « cliqués » par les internautes, se mettra à la portée des annonceurs. Le système va en effet évaluer combien les annonceurs seront prêts à payer pour sponsoriser un article sur un sujet, au moment où le pigiste employé par AOL sera d’autant plus payé qu’il traite de sujets rémunérateurs.
Les annonceurs pourront donc s’associer à un contenu éditorial avant même sa publication en disposant de contenus sponsorisés, en fonction de ce que l’algorithme révèle sur l’intérêt du lecteur ! Un processus qui implique une évidente mise en relation indirecte entre le pigiste et l’annonceur pour traiter prioritairement des sujets qui seront les plus rémunérateurs.
Une liberté éditoriale qu’on pourrait également considérer muselée par AOL, où le journaliste en plus de s’orienter vers « les marronniers » habituels (Noel, pâques, la rentrée scolaire etc.), choisira également ses articles en fonction de leurs annonceurs. Un procédé qui, en plus de mettre en cause la crédibilité d’AOL face à ses lecteurs, aura au moins le mérite de lever le voile sur l’hypocrisie des dérives du journalisme à l’heure où la publicité rémunère la plupart des médias.
