AFP : le programme du candidat Philippe Micouleau
Philippe Micouleau a fait acte de candidature pour la présidence de l’AFP. Il rejoint Olivier Zegna Rata, et David Sharp.
Jusqu’à la dernière minute, Philippe Micouleau, ancien membre du conseil d’administration de l’AFP, ancien de l’Agefi, a hésité. C’est à la demande expresse de David Guiraud, vice-président du Monde, et président du comité de sélection de l’AFP, que Philippe Micouleau a accepté de faire acte de candidature à la présidence de l’Agence France Presse. Philipe Micouleau ne veut en effet pas apparaître comme un candidat naturel mais comme un candidat pressenti. David Guiraud lui a donné toutes les garanties en ce sens, afin que si, par infortune, le conseil d’administration de l’AFP ne le désignait pas, il n’aurait pas à en subir les conséquences...
Sur le fond, Philippe Micouleau, comme tous les autres candidats, n’a pas reçu de garanties précises des pouvoirs publics sur un changement de statut de l’agence, comme sur son refinancement. Mais il a reçu ce que l’on appelle des assurances qui reposent sur la constatation que l’AFP ne peut rester en l’état pour affronter la concurrence et conserver sa place dans le grand concert de l’information mondialisée.
Indépendance
« Avec un peu d’énergie et beaucoup d’imagination », Philippe Micouleau pense qu’il peut faire bouger les lignes. Sa stratégie immédiate, s’il est élu, devrait l’amener à défendre l’indépendance de l’AFP par rapport au pouvoir politique. C’est sur cet ancrage fort qu’il entend convaincre les syndicats, a priori récalcitrants à tout changement. Pour lui, l’AFP souffre d’une trop grande dépendance à l’égard des pouvoirs publics, puisque le budget de l’agence provient à plus de 40% des commandes de l’État. Il faut donc pour desserrer cette étreinte trouver d’autres partenaires et permettre l’entrée dans le capital de l’agence de fonds publiques. La Caisse des dépôts n’a cessé de témoigner pendant toute cette période de tractations occultes de son intérêt pour l’agence. La Caisse ne compte pas rester inactive et va peser de tout son poids sur les collectivités locales, dont elle est le premier partenaire financier, pour amener la presse quotidienne régionale à la négociation sur la rénovation du statut de l’AFP. Il paraît peu probable que le soutien de la Caisse ne s’accompagne pas de l’arrivée de ses représentants au sein du conseil d’administration.
Comme la modification du conseil d’administration de l’AFP et de son mode de financement risquent de soulever un vent de contestation dans l’agence, Philippe Micouleau ne va pas proposer une réforme radicale mais entend procéder par petites touches, par des aménagements successifs, qui vont faire évoluer progressivement l’agence. Il sait qu’il dispose d’un an pour mettre à exécution son projet car il est convaincu que la campagne électorale pour 2012 commencera à partir du printemps 2011.
