Sévère réquisitoire du Sevn contre l’accord CNC sur la chronologie des médias
L’ARP et la SACD avaient déjà réagi pour critiquer l’accord interprofessionnel sur la nouvelle chronologie des médias, qui finalement ne fait le bonheur que des chaînes de télévision et de Canal+ en priorité. C’était sans compter sur la plume acerbe du SEVN, le syndicat majoritaire de l’édition vidéo. Ce dernier a refusé également de signer, et ne mâche pas ses arguments pour expliquer son opposition à ce texte. Tout d’abord le syndicat note que si ce texte "contient effectivement un certain nombre d’avancées significatives notamment pour les chaînes de télévision payantes et gratuites", le SEVN rappelle qu’il contient des restrictions "de la liberté du commerce", "susceptibles de générer des difficultés relevant du droit de la concurrence sur la partie consacrée à la promotion des oeuvres auprès du public". Ce n’est pas rien, et le procès se poursuit "toute publicité devrait s’interrompre quatre semaines avant l’ouverture de la fenêtre d’exploitation des films en télévision payante, n’autorisant ainsi plus la publicité des DVD, Blu-ray encore commercialisés et des oeuvres proposées en vidéo à la demande payante à l’acte à ce moment-là". Une situation ubuesque pour les éditeurs de vidéos, qui est encore une fois le fruit d’une stratégie conservatrice et protectrice des chaînes de télévision, qui préfèrent étouffer un marché naissant, jusqu’à ce que mort s’en suive.
