Le président Sarkozy s’entête sur le filtrage des réseaux
Lors de la présentation de ses voeux au monde de la Culture, le président Sarkozy est revenu sur une des dispositions de la loi Hadopi, qui prévoit d’expérimenter et de mettre en oeuvre, le cas échéant, des dispositifs de filtrage du trafic Internet pour faire échec au piratage en ligne. "Indépendamment des avertissements aux internautes, la Haute Autorité devra concevoir en permanence les solutions les plus modernes pour protéger les œuvres, et pour cela entretenir une veille et un dialogue permanents avec les acteurs de la filière. Mieux on pourra dépolluer automatiquement les réseaux et les serveurs de toutes les sources de piratage, moins il sera nécessaire de recourir à des mesures pesant sur les internautes. Il faut donc expérimenter sans délai les dispositifs de filtrage.", a-t-il déclaré. Une obsession qui fait fi de l’échec des premiers tests menés par le SNEP il y a deux ans. Le syndicat des producteurs de musique avait alors très mal réagi à nos commentaires sur ce "flop", se félicitant au contraire des résultats enregistrés. Et peu importe que, comme nous le relations dans la foulée, la mise en oeuvre de dispositifs de filtrage coûterait probablement plus cher que le piratage lui-même. En outre, comme il n’est pas question de filtrer les protocoles eux-mêmes sinon à remettre en cause la neutralité d’Internet, mais bel et bien d’identifier les contenus litigieux et de les bloquer, la tâche ne sera pas facile pour la Haute autorité. Surtout avec la multiplication, ces derniers mois, des procédés de cryptage visant précisemment à contourner la risposte graduée made in France. Comme nous le soulignions à l’époque, "Intercepter les clés, décrypter le contenu, l’identifier et le bloquer le cas échéant, le tout à la volée, sur des téraoctets de bande passante... [c’est] une belle usine à gaz [qui] s’échaffaude". Conclusion : de tous les voeux du président Sarkozy, celui de filtrer les contenus sur Internet est certainement le plus pieux. P. A.
