La Sacem réclame l’équité des aides
La société des auteurs et compositeurs ne décolère pas. Lors de la présentation annuelle des comptes de la Sacem, le président du directoire, Bernard Miyet a énergiquement dénoncé les habitudes des politiques d’aider la filière musicale tout en ignorant les sociétés d’auteurs : "Pourquoi soutenir une catégorie et pas l’autre ? On exclut seuls les auteurs et compositeurs". Il est vrai que les comptes de la Sacem n’ont pas l’heure d’alarmer. Les revenus pour l’année 2009 sont en hausse de 0,85% avec un total de droits collectés de 762,3 millions d’euros. Depuis trois ans les droits sont en légère progression. Avec des frais de gestion, soit les depenses de fonctionnement de la SPRD, stables à 15,7%, les droits répartis s’élèvent à 650 millions d’euros. Ce sont encore une fois les droits audiovisuels qui ont été les plus lucratifs, avec 270 millions d’euros pour 35,52%. Les recettes issues des spectacles vivants s’établissent à 260 millions d’euros (+1,5%). tandis que les droits venus des CD, DVD, ou Internet sont en recul très net, à cause de la baisse des ventes de disques évidemment, avec 152 millions d’euros contre 158 millions en 2008. Quant à l’internet, c’est plus un boulet qu’autre chose pour la Sacem, avec une multiplication des lignes de traitement et des coûts pour des rémunération très faibles (1,22% des revenus en tout). La Sacem a indiqué que les négociations avec YouTube étaient encourageantes, avec le bon espoir d’une annonce dans les prochaines semaines. Le site de partage de videos doit quelques millions d’euros à la Sacem. Concernant l’application de la loi Hadopi, la Sacem s’est étonnée qu’il ait fallu attendre 10 ans avant de voir un dispositif qui permettra de "responsabiliser", les internautes. Enfin, concernant le rapport de la cours des comptes qui pointait les salaires des patrons des sociétés civiles, Bernard Miyet a souligné que son salaire était "vingt cinq fois plus élevé que le plus bas, celui d’une femme de ménage, par exemple, des salariés de la Sacem", ajoutant que "les dix plus gros salaires représentent 0,25% des revenus de la collecte des droits".
